A BOUCHE DECOUSUE 2008.2010

A bouche décousue

2008.2010

crédit photographique Vincent Tessier

broderies sur taies d’oreiller et draps, dessins et report sur textiles, détails de l’installation

journal en images d’une histoire familiale

Sur les traces d’une enfance achevée de longue date, à partir de vieilles photos et en regard des émotions qu’elles me suscitaient, j’ai dessiné à la mine de plomb sur de petits carnets, à différents âges, les visages des membres de ma famille.
J’ai sollicité ma propre mémoire ambitionnant qu’elle ferait écho à d’autres mémoires singulières et communes, petites histoires individuelles venant alimenter la chronique du genre humain.
Le dessin, véritable temps remonté m’apportant de nouvelles lectures, j’ai attribué à chacun un matériau créant oppositions et correspondances entre le souple, le chaud, le tendre d’une part,le dur, le froid, le rigide de l’autre.
Ainsi, le coton, la laine, le nylon, l’ardoise, le verre ont pris sens dans leur matérialité de drap, oreiller,couverture, brassière, bande velpo, combinaison, plaque d’ardoise ou de verre.
Puis, le fil a remplacé le trait, fin et solide, familier des ouvrages de dame.
Entre douceur et agressivité, la broderie s’est emparée de l’histoire, reliant les personnages dans une exploration formelle autant qu’émotionnelle.
Enfin, les textiles, pliés ou suspendus ont naturellement pris place dans « une chambre », lieu clos de l’enfance où se déploie l’imaginaire et se cristallisent les souvenirs.
Cette proposition est à entendre comme une constante narration, une invitation au jeu dont chacun peut décliner l’infini des associations, s’offrant ainsi des lectures de sa propre histoire

©brige Van Egroo